La présence d’hematies dans les urines, aussi appelée hématurie, peut surprendre après un examen urinaire, qu’elle soit macroscopique, avec une urine rouge, ou microscopique, invisible à l’œil nu. Ce symptôme correspond à la présence de sang, ou de globules rouges, dans les urines. Une infection, une irritation, un problème du rein ou une autre pathologie peuvent en être la cause, sans gravité dans certains cas, mais avec un avis médical utile si le sang dans les urines se confirme.
Que faut-il penser de la présence d’hematies dans les urines ?
Les hématies sont les globules rouges.
Si elles sont présentes dans les urines, c’est qu’il existe un saignement à l’endroit du trajet urinaire allant des reins à l’urètre. Ce constat ne dit rien en soi sur la gravité de la pathologie, mais il signifie qu’un vaisseau a pu être lésé quelque part le long de l’appareil urinaire.
Parfois, il s’agit d’une découverte fortuite au cours d’un examen de routine. D’autres fois, c’est l’urine qui est rosée, rouge ou brunâtre qui alerte le patient : on parle alors de sang dans les urines, ou hématurie macroscopique, car la couleur est visible à l’œil nu. Le résultat doit être interprété en tenant compte du contexte : symptomatologie associée, âge du patient, traitements suivis, effort physique récent ou épisode infectieux.
Il convient par ailleurs de garder à l’esprit que le test positif aux hématies ne correspond pas toujours à une hémorragie urinaire authentique. Une contamination avec les règles, un prélèvement non conforme ou certaines substances peuvent interférer avec le résultat d’analyse. C’est pourquoi un contrôle est souvent demandé avant toute exploration plus poussée.
Lire une analyse d’urine avec des hematies, comment faire ?
Valeurs normales et seuils à connaître
Selon la méthode de dosage utilisée en biologie, de très petites quantités peuvent être considérées comme normales.
En pratique cependant, quelques globules rouges isolés ne suffisent pas toujours à conclure à l’absence d’anomalie significative.
Les seuils peuvent donc légèrement varier d’un laboratoire à l’autre, et la concentration mesurée doit toujours être rapportée au contexte.
Il est donc plus utile de se référer aux valeurs de référence indiquées sur le compte rendu de l’analyse. Si le chiffre trouvé dépasse la valeur normale, il y a en général lieu de vérifier, surtout si l’anomalie est retrouvée lors d’un second prélèvement correctement effectué. Un résultat isolé, surtout en l’absence de tout symptôme, n’aura pas la même signification qu’une hématurie répétée.
Le médecin prend également en compte les circonstances dans lesquelles a été effectué le prélèvement. Après un effort prolongé intense, une fièvre ou une déshydratation, il peut exister une élévation transitoire du taux d’hématies. A l’inverse enfin, des valeurs très modestes mais retrouvées de façon répétée peuvent justifier un bilan plus approfondi.
Hématurie microscopique et visible : quelle est la différence ?
L’hématurie microscopique se définit lorsque le sang n’est pas visible à l’œil nu et ne peut être détecté qu’à l’analyse, le plus souvent par une bandelette urinaire.
C’est la situation la plus classique. Elle peut d’ailleurs être totalement silencieuse et révélée par un contrôle, un bilan de santé ou un suivi en médecine générale.
L’hématurie visible, quant à elle, modifie l’aspect macroscopique des urines qui peuvent devenir rouges, rosées, couleur thé ou brunes. Si cet aspect peut impressionner, il ne traduit pas toujours une cause plus grave qu’une hématurie discrète.
Cette distinction n’est en réalité importante que dans le cadre de l’évaluation médicale. Une coloration nette des urines amène plus fréquemment à demander rapidement des examens complémentaires, notamment chez l’adulte, chez le fumeur ou en cas de douleur, de caillots ou de récidive.
Quelles sont les causes possibles d’hematies dans les urines ?
Causes urinaires fréquentes : infection, calculs, irritation
L’infection urinaire est la cause classique.
Elle entraîne souvent des brûlures à la miction, des envies fréquentes d’uriner (pollakiurie), parfois une odeur de l’urine inhabituelle ou une gêne pelvienne basse.
Dans ce contexte, la recherche de leucocytes dans les urines ou de nitrites sur l’analyse d’urine vient renforcer l’hypothèse infectieuse, et les germes responsables peuvent être identifiés par l’ECBU. Chez la femme, une cystite est l’explication la plus fréquente, alors qu’un homme jeune avec une fièvre et des douleurs pelviennes peut plutôt évoquer une prostatite. Une pyélonéphrite, infection du rein, s’accompagne en général de fièvre et d’une douleur lombaire unilatérale.
Les calculs urinaires peuvent également être responsables des hématies dans les urines. Ils irritent la paroi des voies urinaires et provoquent parfois une douleur colique rénale lombaire classiquement intense irradiante vers l’aine. Même un petit calcul peut être à l’origine d’une hématurie, parfois sans autre signe au début.
Une irritation locale est une autre explication possible. Elle peut survenir après un effort physique intense, un rapport sexuel, un geste médical (cystoscopie…), le port d’une sonde urinaire ou une inflammation non infectieuse. Dans ces cas-là, chez certains patients, le saignement reste isolé et disparaît au contrôle ultérieur. Certaines situations, comme un accident ou une chute, relèvent aussi de traumatismes pouvant léser les voies urinaires.
Rénales et causes plus rares
Lorsque l’origine est rénale, le contexte n’est pas le même.
La recherche de protéines dans les urines (protéinurie), la présence d’une hypertension artérielle, des œdèmes ou une dégradation de la fonction rénale peut faire évoquer une néphropathie. Des inflammations du filtre rénal, appelées glomérulopathies, peuvent effectivement donner ce type de tableau, et une glomérulonéphrite peut associer hématurie, protéinurie et signes de souffrance rénale.
En dehors de ces causes habituelles, il existe aussi des causes plus rares telles que certaines maladies génétiques, des syndromes liés à un trouble de la coagulation ou même des effets secondaires de traitements anticoagulants. Certains médicaments peuvent en effet favoriser ou déclencher un saignement urinaire. Dans ces situations, l’hématurie n’est pas isolée et c’est tout le dossier qui est pris en compte par le médecin : antécédents et autres résultats biologiques.
Enfin, les causes tumorales ne doivent pas être négligées, surtout au niveau vésical, rénal voire urétéral rarement. Même si elles ne sont pas les plus fréquentes, elles doivent être recherchées en fonction de l’âge du patient, des facteurs de risques associés et de la répétition des épisodes. Un cancer de la vessie peut ainsi se révéler initialement par une hématurie. C’est pourquoi il convient d’évaluer sérieusement un saignement urinaire visible chez un adulte.
Quand faut-il s’inquiéter après la découverte d’hematies dans les urines ?
Il s’agit d’une situation qui mérite une consultation dans les meilleurs délais si l’urine est franchement rouge, s’il y a des caillots ou si le saignement est associé à des douleurs importantes.
Une fièvre, des difficultés pour uriner, une douleur dans le dos ou une altération de l’état général doivent également motiver une demande d’avis médical dans les plus brefs délais, car il peut s’agir d’une urgence.
Une hématurie qui se répète même sans douleur doit par ailleurs entraîner un diagnostic plus poussé, avec un bilan. C’est particulièrement vrai chez les personnes de plus de 40 ans, chez les fumeurs, en cas d’antécédent urologique ou si le résultat est identique sur plusieurs analyses successives. L’absence de caractère douloureux n’est pas forcément rassurante.
A contrario, un test légèrement anormal, isolé, sans symptôme et survenu dans un contexte particulier peut parfois être recontrôlé simplement. C’est souvent le cas après un effort physique important, pendant les règles ou après une irritation passagère des voies urinaires. Le facteur déterminant reste donc la confirmation ou non de l’anomalie.
- Consulter rapidement si les urines sont rouges de façon manifeste, s’il y a de la fièvre ou une douleur forte.
- Prenez rendez-vous si l’anomalie revient, persiste ou apparaît sans explication évidente.
- Un simple contrôle peut être suffisant si le contexte évoque une cause transitoire et qu’il n’y a aucun signe associé.
Quels sont les examens complémentaires que le médecin peut demander ?
ECBU, prise de sang et contrôle urinaire
L’ECBU, examen cyto-bactériologique des urines, est souvent demandé pour confirmer la présence de globules rouges, rechercher des bactéries et mettre en évidence une infection éventuelle.
Ce prélèvement doit être fait dans de bonnes conditions pour réduire le risque d’erreur d’interprétation.
Les urines et fatigue peuvent parfois être deux symptômes associés, notamment si l’infection est plus étendue.
Une prise de sang peut compléter le bilan pour évaluer la fonction rénale, l’inflammation et parfois la coagulation selon les circonstances. Si une atteinte du rein est suspectée, le médecin peut aussi demander une recherche de protéines dans les urines ou un examen plus approfondi du sédiment urinaire, afin d’observer les cellules présentes.
Le contrôle urinaire a une vraie valeur. Après un épisode infectieux, pendant les règles ou après un effort physique, il est utile de refaire l’analyse pour savoir si l’anomalie persiste. Cette démarche simple permet souvent d’orienter la prise en charge ultérieure.
Dans certains cas, une imagerie et une exploration urologique seront réalisées.
Si l’hématurie est confirmée ou si la situation l’exige, une exploration par l’imagerie médicale sera réalisée, le plus souvent une échographie des reins et de la vessie.
Elle recherchera un calcul, une dilatation des voies urinaires, une masse ou une malformation.
Cependant, exceptionnellement, un scanner urinaire sera effectué en première intention, notamment en cas de suspicion de calcul ou pour explorer plus finement les voies urinaires. L’examen retenu pour visualiser les voies urinaires dépendra de l’âge du patient, des symptômes présents, du caractère urgent de la situation et de ce que le médecin traitant recherche.
Par ailleurs, une cystoscopie pourra être réalisée si on souhaite explorer directement la vessie. Cet examen est pratiqué par un médecin urologue et est surtout envisagé en cas de saignement visible dans les urines, d’hématurie récidivante ou en présence d’un facteur de risque d’une lésion vésicale.
Que faire en attendant d’obtenir un avis médical ?
Rester vigilant sans céder à la panique est la première chose à faire.
Notez bien la couleur des urines, l’éventuelle présence de douleur, de brûlure, de fièvre ou de caillots. Ces indications seront précieuses pour le professionnel de santé. Vous suivez un traitement anticoagulant ou antiagrégant ? Signalez-le rapidement à votre médecin, mais ne vous arrêtez pas seul. Tout en restant attentif aux symptômes, il peut également être utile de bien s’hydrater, sauf contre-indication médicale connue. Une bonne hydratation ne traite pas la cause du saignement mais elle peut limiter l’irritation et favoriser l’observation de l’évolution.
En revanche, les efforts physiques intenses doivent être évités jusqu’à ce que la situation soit clarifiée, surtout si le saignement urinaire est survenu à l’effort. Pour le prochain prélèvement d’urines, respectez bien les consignes du laboratoire : toilette locale, recueil du milieu de jet, flacon propre, hors période de règles si possible… Un échantillon bien réalisé évite de nombreux faux positifs. Vous vous sentez plus mal en attendant votre rendez-vous ? Vous devez consulter plus tôt.
