Le poignet est une articulation complexe, comportant de nombreux os et articulations, permettant une grande amplitude de mouvements. Il est cependant souvent douloureux suite à des traumatismes ou des gestes répétitifs. Connaître l’anatomie du poignet et les raisons pour lesquelles vous pouvez avoir mal est essentiel pour prévenir et traiter efficacement ces douleurs.
Les os principaux du poignet
Le poignet constitue la jonction complexe entre l’avant-bras et la main, assurant à la fois stabilité, flexibilité et précision dans les mouvements.
C’est une structure composée de nombreux os disposés de manière à optimiser la transmission des forces tout en permettant une grande amplitude de mouvements. Les 8 os du carpe occupent à cet égard une place centrale.
Ils sont répartis en 2 rangées distinctes :
- Rangée proximale (de l’avant-bras vers la main) : scaphoïde, lunatum, triquetrum, pisiforme
- Rangée distale : trapèze, trapézoïde, capitatum, hamatum
Chacun de ces os a une forme particulière qui contribue à la stabilité globale du poignet tout en permettant une certaine mobilité entre eux. Le scaphoïde par exemple, indispensable à la stabilité latérale du poignet, est notamment susceptible de se fracturer et nécessite d’être soigneusement examiné lors d’une entorse du poignet. Le pisiforme quant à lui sert de point d’ancrage pour les tendons des muscles fléchisseurs de la main. Cette organisation permet non seulement de répartir correctement les charges au cours d’activités comme la préhension ou les appuis mais également d’adapter la mécanique du poignet aux spécificités variées des activités allant des gestes les plus fins aux efforts les plus soutenus.

Ligaments et mobilité
Si les os constituent la charpente, la véritable stabilité du poignet est assurée par les ligaments.
Ceux-ci relient les os entre eux et garantissent leur bon alignement tout au long des mouvements. Les tendons transmettent la force des muscles de l’avant-bras vers la main et les doigts, tandis que d’importants nerfs, en particulier le médian et l’ulnaire, assurent une bonne sensibilité ainsi qu’une partie du contrôle moteur. C’est cette proximité os-ligament-tendon-nerf qui fait qu’une atteinte localisée peut entraîner des symptômes variés.
Le poignet permet essentiellement cinq grands mouvements : flexion, extension, inclinaison radiale, inclinaison ulnaire et les rotations de l’avant-bras (pronation et supination). Cette remarquable mobilité repose sur un équilibre instable. Certaines atteintes conduisent à un relâchement ou à une déchirure de ligaments pouvant générer une instabilité, comme certaines atteintes scapho-lunaires. D’autres douleurs proviennent du complexe fibrocartilagineux triangulaire ou TFCC situé du côté ulnaire. Les conflits ulno-carpiens apparaissent lorsque les contraintes mécaniques deviennent trop importantes dans cette zone, notamment lors d’appuis répétés.
Douleurs après chute ou effort
Les douleurs du poignet et de la main surviennent si fréquemment qu’elles concernent au cours de la vie une personne sur quatre.
C’est en raison de l’utilisation permanente de cette région dans les gestes quotidiens, de la prise d’une charge à une activité de précision, que l’on peut s’attendre à un tel taux d’incidence. Une chute sur la main, un effort inhabituel, une répétition excessive de gestes peuvent suffire à déclencher la douleur. Le poignet est particulièrement vulnérable puisqu’il doit être capable d’absorber des contraintes tout en restant mobile.
Certaines situations exposent plus que d’autres. Les travailleurs manuels, les musiciens, les personnes utilisant longuement un clavier ou une souris et les sportifs pratiquant des sports de raquette, de combat ou de ballon sollicitent particulièrement cette articulation. L’âge est également un facteur : les personnes âgées sont davantage sujettes aux fractures et à l’arthrose alors que les jeunes adultes souffrent plus souvent de séquelles post-traumatiques.
Enfin, des maladies comme la polyarthrite rhumatoïde, le lupus, la goutte ou encore l’arthrose prédisposent à des douleurs persistantes.
Les causes sont multiples : fracture, entorse, luxation, microtraumatismes répétés, tendinite de De Quervain, atteinte du muscle extenseur ulnaire du carpe, syndrome du canal carpien, kyste synovial ou maladie chronique. Les symptômes permettent tout au plus d’orienter sans être déterminants : raideur articulaire ou déformation, gonflement ou chaleur, engourdissements des doigts ou sensation d’accroche associée à une faiblesse fonctionnelle avec douleur irradiant vers l’avant-bras ou les doigts pouvant aller jusqu’à provoquer une déformation visible.
Par ailleurs, l’utilisation intensive des technologies modernes favorise l’apparition des troubles musculo-squelettiques avec le risque accru que constituent les gestes répétitifs dans une posture non adaptée.
Entorse, fracture, tendinite : quelle différence ?
Une entorse est une lésion ligamentaire survenant le plus souvent à la suite d’une mauvaise chute ou d’un faux mouvement.
La douleur apparaît rapidement, accompagnée parfois d’un gonflement et d’une sensation d’instabilité. Il n’y a cependant pas de déplacement osseux. La fracture touche quant à elle l’os. Elle entraîne le plus souvent une douleur vive, aggravée par la pression et l’appui, mais peut passer inaperçue si le trait de fracture est discret, comme au niveau du scaphoïde. Plus rare, la luxation est la perte de contact entre deux surfaces articulaires; elle entraîne une gêne majeure.
A l’inverse, la tendinite a un autre mécanisme : il s’agit de l’irritation d’un tendon par une sursollicitation ou un geste répété. Dans la tendinite de De Quervain, la douleur est localisée plutôt à la base du pouce; dans celle de l’extenseur ulnaire, elle se situe côté externe du poignet. Encore différente, le syndrome du canal carpien résulte d’une compression du nerf médian et se manifeste par des fourmillements nocturnes avec maladresse.
Enfin, certaines douleurs s’installent dans un mode chronique : arthrose, polyarthrite, goutte, lupus et maladie de Dupuytren.
A quel moment faut-il faire une radio du poignet ?
Après tout traumatisme, si la douleur persiste, s’il existe un gonflement, une difficulté à mobiliser le poignet ou en cas de suspicion de fracture, de luxation ou d’arthrose.
La radiographie du poignet fait partie d’un bilan plus large basé sur l’interrogatoire et l’examen clinique. Selon les situations, l’échographie pourra préciser l’état des tendons et l’IRM recherchera une lésion ligamentaire, osseuse ou cartilagineuse non visible sur les radiographies standards. Les douleurs du poignet sont souvent multifactorielles et il ne faut pas se fier à un seul signe.
Le traitement sera adapté à la cause retrouvée : repos et adaptation des gestes au quotidien, port d’une orthèse, antalgiques et anti-inflammatoires, exercices spécifiques, rééducation par un kinésithérapeute ou ergothérapeute. Dans certains cas, infiltrations ou chirurgie seront nécessaires (fracture non consolidée, kyste gênant et récidivant, luxation…). Un diagnostic précoce permet d’éviter un risque de douleur chronique, perte fonctionnelle du poignet, déformation ou retentissement psychologique et social. La prévention repose sur l’ergonomie au travail (postes adaptés), correction des postures, renforcement musculaire et prise en charge rapide des traumatismes.


